Je travaille depuis 15 jours sans contrat : ce qu’il faut savoir

👉 Résumé de l’article : Je travaille depuis 15 jours sans contrat : cela ne suffit pas, à lui seul, à vous transformer automatiquement en CDI à temps plein. Tout dépend du contrat prévu au départ et de ce qui a été convenu. En CDI à temps plein, l’absence d’écrit n’est pas toujours bloquante ; en CDD, temps partiel ou intérim, l’écrit et les délais comptent. Gardez vos preuves et demandez un écrit sans antidater.
Je travaille depuis 15 jours sans contrat : ce que cela change vraiment
Je travaille depuis 15 jours sans contrat : cela ne suffit pas à qualifier la situation. La bonne lecture passe d’abord par ce qui avait été convenu au départ : poste, durée, horaires et type de relation de travail. Sans cette base, le délai seul ne dit ni si vous êtes en CDI, ni si l’employeur est déjà en faute.
Le faire soi-même ?
Travaillez-vous depuis 15 jours sans contrat écrit ?
Répondez à quelques questions pour voir ce que l’absence d’écrit change dans votre situation et quelle est la bonne réaction.
Un contrat de travail peut exister sans écrit dans certains cas, surtout en CDI à temps plein. En revanche, pour un CDD ou un temps partiel, l’écrit est obligatoire et compte davantage. Le réflexe utile n’est donc pas de conclure trop vite, mais de vérifier ce qui a été promis, ce qui a été déclaré et ce que vous pouvez prouver.
CDI à temps plein : l’absence d’écrit ne suffit pas à tout bouleverser
Un CDI à temps plein peut exister sans contrat écrit. Pour le salarié, l’enjeu n’est donc pas seulement l’absence de signature, mais la preuve des conditions convenues avec l’employeur. Sans écrit, les horaires, la rémunération, les congés ou les primes se discutent plus facilement, mais le contrat ne disparaît pas pour autant.
La période d’essai, elle, ne se présume pas : elle doit être prévue par écrit. Et les éléments essentiels du CDI à temps plein doivent être communiqués par écrit dans un délai de deux mois. En pratique, un salarié sans contrat écrit gagne à rassembler tout ce qui confirme l’accord initial, car la bataille porte souvent sur les preuves, pas sur l’existence même du lien de travail.
CDD, temps partiel, intérim : l’écrit et le délai de deux jours ouvrables comptent
Pour un CDD, un temps partiel ou un contrat de mission, l’absence d’écrit pèse vite plus lourd qu’en CDI à temps plein. Pour un CDD, le contrat doit être écrit et remis dans les deux jours ouvrables suivant l’embauche (certaines sources parlent de 48 heures). Quinze jours sans document ne sont donc pas anodins.
| Type de contrat | Règle à vérifier | Conséquence possible |
|---|---|---|
| CDD | Contrat écrit et transmis dans les deux jours ouvrables suivant l’embauche. | Requalification en CDI possible, avec une indemnité d’au moins un mois de salaire. |
| Temps partiel | Contrat écrit avec des mentions précises sur la durée et la répartition du travail. | Sans écrit, le salarié est présumé à temps complet ; l’employeur s’expose aussi à une amende. |
| Intérim / contrat de mission | Formalisme écrit à contrôler dès le début de la relation. | La sanction dépend du dossier, mais l’absence d’écrit complique la défense de l’employeur. |
La réponse dépend du contrat prévu, de la preuve du poste et des documents remis. Les amendes relevées vont de 1 500 € (temps partiel) à 3 150 € (CDD, travail temporaire), jusqu’à 7 500 € en cas de récidive. Le montant exact et l’indemnité dépendent du dossier : confirmez-les auprès d’une source officielle ou d’un professionnel.
🎥 CDD sans contrat écrit
On y voit les règles qui encadrent un CDD sans contrat écrit et les risques liés à cette absence. Cela complète la section sur l’obligation d’écrit et le délai de remise.
Contrat non remis, contrat non signé, contrat antidaté : ce n’est pas le même problème
Ne pas recevoir le contrat n’a pas la même portée que refuser de le signer. Si l’employeur n’a rien remis, le sujet porte d’abord sur l’absence de formalisation. Si un document vous a été transmis mais ne correspond pas à ce qui avait été convenu, votre refus de signature peut être légitime. Le point de départ reste toujours les preuves de l’embauche et l’accord initial.
Le vrai piège, c’est le contrat antidaté ou modifié après coup. Un salarié ne doit pas accepter une date fausse ni des clauses réécrites pour régulariser tardivement la situation. Écrivez immédiatement ce qui avait été prévu au départ : poste, date de début, horaires, rémunération. Cette trace compte souvent plus qu’une signature obtenue dans l’urgence.
Quelles preuves garder pour établir l’embauche, les horaires et le salaire ?
Pour prouver l’embauche, les horaires et la rémunération, gardez tout ce qui relie votre travail au poste occupé. En cas de litige, le dossier se joue sur des traces simples, datées et cohérentes. Plus vos éléments sont concrets, moins vous risquez un face-à-face de versions contradictoires devant le Conseil de prud’hommes.

- Les échanges écrits avec l’employeur : mails, messages, offre d’embauche, consignes de départ.
- Les plannings, relevés d’heures, feuilles de présence et tout document montrant vos horaires.
- Les bulletins de paie, les virements reçus et toute mention de votre salaire.
- Les documents internes liés au poste : accès, badges, comptes rendus, affectation à une équipe.
- Les coordonnées de témoins capables de confirmer la date d’embauche et les conditions de travail.
Sauvegardez ces preuves immédiatement, avant qu’un accès messagerie soit coupé ou qu’un planning disparaisse. Vous pouvez aussi demander à l’employeur si votre embauche a bien été déclarée. Avec un dossier daté, vous partirez sur une base solide si le Conseil de prud’hommes est saisi.
Que faire maintenant si l’employeur bloque ou rompt la relation ?
La bonne réaction est une demande écrite, factuelle et immédiate. Rappelez la date de début, le poste, les horaires convenus et la rémunération annoncée. Cette trace protège votre version et évite qu’un flou s’installe autour du contrat de travail.
Ne signez pas un document antidaté ni des conditions différentes de ce qui avait été prévu. Si la relation se tend ou s’arrête, demandez un avis à un interlocuteur compétent avant de rompre ou de saisir quiconque. Si vous étiez en CDD, l’article fin de CDD sans réponse de l’employeur vous aide à cadrer le cas d’un employeur silencieux à l’échéance. En cas de conflit, préparez le dossier pour le Conseil de prud’hommes avec vos preuves déjà réunies.
💡 L’avis de la rédaction : À la rédaction, nous conseillons un message court, daté et sans agressivité. Le piège que nous voyons souvent : un courrier plein de reproches qui noie les faits. Nous y inscririons seulement la date de début, le poste, les horaires et le salaire, puis nous garderions une copie de l’envoi et de la réponse, ou de son absence.
Questions fréquentes
Puis-je refuser de signer un contrat antidaté ?
Oui, si la date ne correspond pas à la réalité. Ne signez pas un document faux, demandez une version corrigée par écrit et gardez une trace de votre refus.
Un contrat de travail oral est-il valable ?
Oui, dans certains cas, notamment pour un CDI à temps plein. Mais la preuve devient plus difficile, et plusieurs contrats exigent un écrit pour être réguliers.
Comment récupérer mes bulletins de paie si rien n’a été signé ?
Demandez-les par écrit à l’employeur, en rappelant votre date de début. Conservez vos preuves de travail : virements, mails, plannings, témoins. En cas de refus, le Conseil de prud’hommes peut être saisi.
L’employeur risque-t-il des sanctions s’il ne remet pas le contrat à temps ?
Oui. Pour un CDD, le retard peut entraîner une requalification en CDI avec une indemnité d’au moins un mois de salaire, et des amendes sont possibles selon le type de contrat.
Publié le 20 octobre 2026 · Dernière mise à jour le 14 octobre 2026 · Camille Roussel


